Analyse | Les gros canons se lèvent pour la Victoire de Montréal
La Victoire avait besoin de renverser la vapeur. Après deux défaites de suite, alors que l’équipe espérait se sortir d’un creux de vague contre les Sceptres de Toronto, Marie-Philip Poulin, Laura Stacey et Ann-Renée Desbiens ont pris les choses en main et Montréal l'a emporté 3-1. La Victoire avait perdu ses deux derniers matchs, mais au-delà des défaites, l’équipe avait connu des débuts de rencontres extrêmement difficiles. En fait, au cours de ses trois dernières sorties, Montréal n’était pas parvenue à obtenir plus de 12 tirs dans les 40 premières minutes de jeu. L’objectif était clair. Il fallait tirer davantage sur le filet adverse et connaître un fort début de match. Cheverie avait donc décidé de revoir quelque peu sa recette. Quoi de mieux que de ramener Laura Stacey sur le premier trio, aux côtés de Marie-Philip Poulin et de Jennifer Gardiner, pour espérer générer de l’offensive. Sur la deuxième unité d’attaque, Kristen O’Neill était entourée de Lina Ljungblom et d’Abby Boreen, une combinaison qui aura été dangereuse tout au long du match. La Victoire de Montréal accueillait les Sceptres de Toronto, ses plus proches poursuivantes au classement, pour tenter de mettre fin à sa série de deux défaites. Photo : Radio-Canada Si les premières minutes de jeu laissaient croire que les 6101 partisans présents à la Place Bell auraient droit à un duel serré, les Sceptres de Toronto ont rapidement changé le narratif. En zone adverse, Blayre Turnbull a laissé la rondelle derrière elle à Jesse Compher. Alors que Turnbull continuait d’avancer vers le filet de Montréal, agissant en quelque sorte comme écran, Compher a déjoué Ann-Renée Desbiens d’un tir précis du côté de la mitaine. Avec son 8e but de la saison, elle donnait une avance de 1-0 sur le premier tir de son équipe et après seulement quatre minutes de jeu. Les intentions de la Victoire étaient bonnes, mais ce but est venu ralentir la cadence. Soudainement, la tension était palpable. Montréal se retrouvait souvent coincée dans sa zone, alors que les Sceptres pénétraient en territoire adverse avec une facilité déconcertante. Toronto ne laissait aucune marge de manœuvre aux Montréalaises, pratiquant un échec avant soutenu. Avec moins de 30 secondes à jouer en première période, Kristen Campbell a sorti la jambière gauche au dernier moment pour bloquer une tentative de Poulin. La troupe de Kori Cheverie a semblé être en mode survie pour le reste de la première période. Mais malgré tout, Montréal a obtenu 13 tirs lors des 20 premières minutes de jeu, le meilleur total en première période depuis le 4e match de la saison. Lors des derniers matchs, Kori Cheverie avait mentionné que le nombre de tirs n’était pas particulièrement important. Ce sont plutôt les chances de marquer que le personnel d’entraîneurs analysait. La qualité, plutôt que la quantité. C’était mieux, mais pas encore à point. La vedette de cette première période a été la gardienne de but Kristen Campbell, qui a été choisie 2e étoile de la dernière semaine dans la LPHF. Mais Ann-Renée Desbiens n’avait pas dit son dernier mot. En début de deuxième période, elle a démontré pourquoi c’est elle la meilleure gardienne de but de la ligue présentement. Elle a réalisé un arrêt spectaculaire de la mitaine sur un tir de Blayre Turnbull. Quelques instants plus tard, Laura Stacey y est allée d'une entrée de territoire. Poulin a réussi à maintenir la rondelle le long de la bande, avant de la pousser vers Stacey. Cette dernière a aussitôt passé à Gardiner qui était devant le but et qui a trouvé le fond du filet pour marquer son quatrième de la saison. La directrice générale Danièle Sauvageau avait justement affirmé lundi qu'elle voulait que Jennifer Gardiner décoche plus rapidement des tirs puisque, comme elle l'a démontré lors du concours d'habiletés du Canadien de Montréal dimanche, elle est plutôt précise. C'est justement ce qu'elle a fait. Elle a décoché son tir sur réception pour niveler la marque. Et puis, avec moins de cinq minutes à faire, la capitaine a récupéré une passe de Cayla Barnes et a servi un tir des poignets parfait dans le haut de la lucarne pour porter la marque à 2-1. En guise de célébration, Poulin a pointé Barnes, comme pour lui donner le crédit. Humble, elle tente souvent de mettre la lumière sur ses coéquipières, mais sur ce jeu, la magicienne, c'était elle. Avec 12 buts, Poulin trône au sommet des buteuses de la LPHF. En troisième période, le duel est devenu particulièrement intense. Les deux équipes ne se laissaient aucune marge de manœuvre. Les Sceptres de Toronto forment l'équipe de l'heure dans la LPHF. Pourtant dernières à la fin du mois de janvier, elles se trouvaient au 2e rang avant la rencontre. Elles avaient marqué en avantage numérique à leurs 9 derniers matchs, mais cette fois, elles ont été muselées par Montréal. Déjà grandement efficace depuis le début du match, Ann-Renée Desbiens a été spectaculaire dans les derniers instants, en se dressant devant Natalie Spooner. Mikyla Grant-Mentis a alors dégagé et Laura Stacey a battu de vitesse deux défenseuses pour aller marquer dans un filet désert. Depuis le début de la saison, il a été question de la profondeur de cette édition montréalaise, mais ce soir, ce sont les meilleures joueuses de l'équipe qui ont répondu présentes. La chimie entre Marie-Philip Poulin et Laura Stacey ne fait évidemment aucun doute. Mais bien souvent, quand la capitaine connaît un bon match, Desbiens est à son meilleur. Et vice-versa. Avec cette victoire de 3-1, la Victoire de Montréal accentue son avance au 1er rang de la LPHF, avec 37 points et trois matchs en main sur les Sceptres, qui ont 32 points. La Victoire de Montréal se préparera maintenant pour le match de samedi, contre la Fleet de Boston, qui aura lieu au Centre Bell. Cette rencontre sera présentée en direct à 14 h (HNE) sur ICI Télé et sur ICI TOU.TV.Nous avions besoin de cette victoire
, a soutenu l'entraîneuse-chef Kori Cheverie.La plus grande force de Stacey est probablement son échec avant. Mais aussi, son tir, sa vitesse, et je pourrais continuer. Je sentais qu’au cours des derniers matchs, nous n’avions pas eu autant de succès en échec avant
, a souligné Cheverie, pour justifier sa décision. 
Les Sceptres frappent tôt
Je n’ai pas aimé ce but et comment nous avons géré cette situation à partir de la zone neutre. Tu laisses une joueuse comme Jesse Compher dans une zone dangereuse, elle va te le faire payer
, a affirmé l'entraîneuse-chef.Brio des gardiennes
Une fin de match intense
Nos meneuses ont donné l’exemple et ont calmé le jeu quand il le fallait. Notamment sur ce gros arrêt face à Spooner en fin de match. Tes meilleures joueuses doivent ressortir dans ces moments. C’est pourquoi elles ont la carrière qu’elles ont. Je suis juste vraiment fière d’elles ce soir
, a dit Cheverie. Profondeur et chimie
Nous n’avons pas besoin de parler, a avoué Poulin. Je ne tape même pas ses jambières. C’est un regard, c’est un clin d’œil et nous savons. J’ai été chanceuse de voir tellement de matchs où Ann nous a sauvées. Je suis privilégiée d’en faire partie.
Et j’ai vu tellement de matchs où Marie-Philip nous a sauvées, a aussitôt renchéri Desbiens. C'est un bonheur de jouer ensemble. Évidemment, tu veux donner une chance à ton équipe de gagner. Elle le fait toujours. J’essaie de toujours faire ça. Elle fait tout sur la patinoire. Nous sommes chanceuses de l’avoir. Nous voulons évidemment être des meneuses pour cette équipe.
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